Posté le 26.11.2007 par oummi
[b]L’éducation des enfants
Oukht Umm ‘Abdillah Al-Wadi’iya[/b]
L’éducation des enfants est quelque chose de complexe qui demande patience et savoir faire. Certains enfants demandent que l’on agisse avec eux avec douceur, et si l’on fait le contraire, ils s’obstineront. D’autres enfants demandent qu’on soit plus sévère avec eux, mais il ne faut pas que cette sévérité dépasse les limites de ce qui est tolérable. Si on dépasse ces limites, cela conduira l’enfant à s’obstiner et ne pas écouter les ordres de ses parents.
Nous demandons à Allah qu’Il nous accorde une bonne éducation (de nos enfants), et c’est une grande responsabilité qui pèse sur les épaules des parents, Allah dit : « Ö vous les croyants, protégez-vous, ainsi que vos familles d’un feu dont le combustible sera les hommes et les pierres. ». ‘Abdullah ibn ‘Umar rapporte que le prophète (salallahu ’alayhi wasalam) a dit : « Chacun de vous est un berger et chacun de vous est responsable de son troupeau. L'imam est un berger et il est responsable de son troupeau. L'homme est un berger dans sa famille et il est responsable de son troupeau. La femme est une bergère dans la maison de son époux et elle est responsable de son troupeau. Le serviteur est un berger qui a charge des biens de son maître et il est responsable de son troupeau. Ainsi, chacun d'entre vous est un berger et chacun est responsable de son troupeau. » (Bukhari et Muslim). Les parents doivent nécessairement s’entraider dans l’éducation de leurs enfants. Et si l’un néglige sa responsabilité, il y aura un manque d’un côté, sauf si Allah veut (qu’il en soit autrement).
Il faut apprendre aux enfants en fonction de leur niveau et compréhension, par exemple :
En bas âge :
1_ On répète à l’enfant le nom « Allah », en montrant du doigt le ciel.
2_ Si on lui donne quelque chose à manger, comme du pain ou autre chose, on lui donne dans la main droite.
3_ Si l’aliment est chaud, il ne faut pas souffler dessus, car le prophète (salallahu ’alayhi wasalam) a interdit de souffler dans le plat. Et si l’enfant voit quelqu’un le faire, il l’imitera tout de suite. De même pour toute chose, en conformité avec la parole du prophète : « Tout enfant né sur la fitra (la saine nature), et ce sont ses parents qui en font un juif, un chrétien ou un adorateur du feu », aussi dans le hadith rapporté par l’imam Muslim d’après ‘Iyad ibn ‘Umar, le prophète (salallahu ’alayhi wasalam) a dit : « Allah a dit : J’ai créé mes serviteurs sur la voie droite (hunafa), puis les démons les ont détournés ».
4_ A partir d’un an et demi, s’il veut manger ou boire, on lui rappelle de dire bismillah, ensuite cela devient normal pour lui et il dira de lui-même : bismillah.
5_ Lorsqu’on voit qu’il peut comprendre les piliers de l’islam, de la foi (iman) et de la bienfaisance (ihsan), on les lui apprend. Je ne précise pas d’âge car la parole et la mémoire varie d’un enfant à l’autre.
Les piliers de l’islam sont : d’après Ibn ‘Abbas, le prophète (salallahu ’alayhi wasalam) a dit : « L`islam est bâti sur cinq piliers: Le témoignage qu`il n`est d`autre divinité digne d’être adorée qu`Allah et que Muhammad est Son messager, l`accomplissement de la prière rituelle, l`acquittement de la zakât (impôt rituel), le pèlerinage à la Maison d`Allah, le jeûne du mois de Ramadan » (Bukhari et Muslim).
Les piliers de la foi sont : d’après Abu Hurayra, le prophète (salallahu ’alayhi wasalam) a dit : « La foi consiste en ce que tu crois en Allah, en Ses Anges, en Ses Livres, en Ses messagers, et que tu crois au Jugement Dernier. » (Al-Bukhari et Muslim).
Le pilier de la bienfaisance est : « Que tu adores Allah comme si tu Le voyais, car si tu ne Le vois pas, Lui te voit » (Al-Bukhari et Muslim).
6_ Il faut également lui apprendre les règles des ablutions.
7_ S’il mange dans un plat, il faut lui dire de manger ce qu’il y a devant lui, d’après ‘Umar ibn Abi Salama qui rapporte : Je mangeais et ma main se promenait partout dans le plat, le prophète (salallahu ’alayhi wasalam) me dit alors : « Ö mon enfant ! Prononce le nom d’Allah, mange de la main droite et mange ce qui est devant toi. »
8_ Il faut l’habituer à accomplir le bien, et lorsqu’il atteint l’âge de sept ans, il faut l’exercer à accomplir la prière. Abu Dawud rapporte (…) que le prophète (salallahu ’alayhi wasalam) a dit : « Ordonnez à vos enfants d’accomplir la prière à l’âge de sept ans, frappez-les (s(ils ne l’accomplissent pas) à l’âge de dix ans et séparez-les dans les lits » (…)
9_ Séparer les enfants dans les lits à l’âge de dix ans, d’après le hadith précédent.
10_ L’entraîner à jeûner, si cela ne l’affaiblit pas, afin qu’il soit accoutumé au jeune en étant plus grand. Al-Bukhari a intitulé un chapitre de son Sahih : « le jeûne des enfants » (…) d’après Rubay’ bint mu’awidh : le prophète (salallahu ’alayhi wasalam) a envoyé un message aux villes des Ansars le jour de ‘Ashura où il dit : « Celui qui s’est levé sans avoir jeûné qu’il continue ainsi et celui qui jeûne qu’il termine son jeûne ». Rubay’ dit : Ensuite, nous jeûnions ce jour, et nous faisions jeûner nos enfants et si l’un d’eux pleurait à cause de la faim, nous lui donnions un jouet en laine afin qu’il patiente jusqu’à la rupture.
11_ Il faut apprendre à l’enfant la croyance authentique, en lui disant comme disait le prophète (salallahu ’alayhi wasalam) à Ibn ‘Abbas : «Ö mon enfant ! Je vais t`enseigner quelques préceptes. Observe les commandements d’Allah, Il te protègera. Observe les commandements d’Allah, tu Le trouveras devant toi. Si tu demandes quelque chose, demande-la à Allah. Si tu cherches de l’aide, cherche-la auprès d`Allah Sache que si la communauté s’unissait pour te faire du bien, ils ne te feraient que le bien qu’Allah t’a écrit, et s’ils se réunissaient pour te causer du tort, ils ne te feraient que le tort qu’Allah t’a écrit. Les plumes sont levées et l`encre des feuillets a séché».
12_ Il faut conseiller l’enfant à la manière de Luqman, Allah dit : « Et lorsque Luqman exhorta son fils en lui disant : “Ö mon enfant, ne donne pas d’associé à Allah, car le polythéisme est certes une injustice énorme”. Nous avons commandé à l’homme [la bienfaisance envers] ses parents; sa mère l’a porté [subissant pour lui] peine sur peine, son sevrage a lieu à deux ans.” Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu’envers tes parents et vers Moi est la destination finale. Et si tous deux te forcent à M'associer ce dont tu n’as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas; mais vis avec eux ici-bas de façon convenable. Et suis le sentier de celui qui revient (se repent) vers Moi. Vers Moi est votre retour, et Je vous informerai alors de ce que vous faisiez”. “Ö mon enfant, fût-ce le poids d’un grain de moutarde, au fond d’un rocher, dans les cieux ou sur terre, Allah le fera venir. Allah est infiniment Doux et Parfaitement Connaisseur. Ô mon enfant, accomplis la prière, ordonne le bien, interdis le mal et endure ce qui t’arrive avec patience. Telle est la résolution à prendre dans toute entreprise ! Et ne détourne pas ton visage des hommes, et ne foule pas la terre avec arrogance, car Allah n’aime pas le présomptueux plein de gloriole. Sois modeste dans ta démarche, et baisse ta voix, car la voix la plus détestable est bien la voix des ânes”. » (Luqman 13-19)
13_ il faut lui apprendre à demander la permission lorsqu’il veut entrer, Allah dit : « Ô vous les croyants ! Que les esclaves que vous possédez et les enfants qui n’ont pas encore atteint la puberté vous demandent permission avant d’entrer, à trois moments : avant la prière de l’aube, à midi quand vous enlevez vos vêtements, ainsi qu’après la prière de la nuit; trois occasions de vous dévêtir. En dehors de ces moments, nul reproche ni à vous ni à eux d’aller et venir, les uns chez les autres. C’est ainsi que Allah vous expose clairement Ses versets, et Allah est Omniscient et Sage. ».
14_ Il faut lui apprendre les choses interdites afin qu’il s’en écarte, Abu hurayra rapporte que Al-Hassan avait pris une datte donnée en aumône et la mis dans la bouche, et le prophète (salallahu ’alayhi wasalam) lui dit : « Crache ! Crache ! Et écarte-toi en, ne sais-tu pas que nous ne mangeons pas de l’aumône ».
15_ Il faut lui expliquer le sens des versets ou des hadiths qu’on lui récite.
16_ Il faut lier son coeur à Allah, alors qu certains enfants, on va lier leur coeur à cette vie ou aux diplômes. Leurs coeurs sont remplis de ténèbres et il se peut que ces ténèbres ne l’emportent.
17_ Il faut prendre soin de lui apprendre le Coran, il faut lui apprendre tous les jours, ne serait-ce qu’un verset. Ceux qui s’adonnent au Coran sont les meilleurs de gens, comme il est rapporté par Al-Bukhari d’après ‘Uthman ibn ‘Affan, le prophète (salallahu ’alayhi wasalam) a dit : « Le meilleur d’entre vous est celui qui apprend le Qur’an et l’apprend aux autres ». Et le prophète (salallahu ’alayhi wasalam) a recommandé de donner de l’importance au Qur’an. Al-Bukhari rapporte que Talha a demandé à ‘Abdallah ibn abi Awfa : « Le prophète a-t-il recommandé quelque chose ? Il dit : non. Je dis : Comment donc est parvenu aux gens sa recommandation : on leur a ordonné mais pas recommandé ? Il dit : il leur a recommandé le Livre d’Allah. ». Al-Hafidh ibn Hajar dit : Le sens de sa parole « il leur a recommandé le Livre d’Allah » signifie l’apprendre par coeur, le suivre, mettre en pratique ses ordres, s’éloigner de ses interdits, le réciter et l’apprendre constamment.
Et le Qur’an intercèdera pour celui qui l’apprend, comme il est rapporté par l’imam Muslim d’après Abu Umama Al-Bahili, le prophète (salallahu ’alayhi wasalam) a dit : « Lisez le Qur’an, car il intercédera le Jour de la Résurrection pour ceux qui le lisaient ». Il rapporte aussi d’après An-Nawas ibn Sam’an Al-Kilabi, le prophète (salallahu ’alayhi wasalam) a dit : « On fera venir le Qur’an et ceux qui le mettaient en pratique. Sourate Al-Baqara et Al-‘Imran seront devant et intercèderont pour celui qui les aura appris ».
Il y a beaucoup de hadiths sur les vertus du Qur’an et de ceux qui l’apprennent :
‘Aisha rapporte que le prophète (salallahu ’alayhi wasalam) a dit : « Celui qui lit le Qur’an avec aisance est parmi les scribes nobles et pieux (le anges) et celui qui le lit avec difficulté a deux récompenses » (Al-Bukhari et Muslim)
Abu Musa Al-‘Ash’ari rapporte que le prophète (salallahu ’alayhi wasalam) a dit : « Le croyant qui lit le Qur’an est comme le citron, son odeur et son goût sont bons ; le croyant qui ne lit pas le Qur’an est comme la datte : elle n’a pas d’odeur et son goût est bon ; l’hypocrite qui lit le Qur’an est comme le basilic : son odeur est bonne et son goût est amer ; et l’hypocrite qui ne lit pas le Qur’an est comme la coloquinte (sorte de concombre) : elle n’a pas d’odeur et son goût est amer. » (Al-Bukhari et Muslim)
‘Abdullah ibn ‘Umar rapporte que le prophète (salallahu ’alayhi wasalam) a dit : « Par ce Livre, Allah élève des peuples et en abaisse d’autres » (Muslim).
‘Abdullah ibn ‘Amru ibn Al-‘As rapporte que le prophète (salallahu ’alayhi wasalam) a dit : « On dira à celui qui lisait le Qur’an : récite mélodieusement comme tu récitais sur terre, ton degré (au paradis) sera fonction du dernier verset que tu réciteras » (Ahmad, Abu Dawud, at-Tirmidhi)
‘Abdullah ibn ‘Umar rapporte que le prophète (salallahu ’alayhi wasalam) a dit : « La jalousie est interdite sauf en deux cas : un homme à qui Allah a donné le Qur’an et qui le met en pratique nuit et jour et un homme à qui Allah a donné de l’argent et qui le dépense (sur le sentier d’Allah) nuit et jour ». (Al-Bukhari et Muslim).
Et celui qui apprend doit réviser sous peine d’oublier rapidement ce qu’il a appris, l’imam Al-Bukhari rapporte d’après Abu Musa que le prophète (salallahu ’alayhi wasalam) a dit : « Révisez le Qur’an, car par Celui qui détient mon âme dans Sa main, il est plus prompt à se sauver que la chamelle qui n’est pas attachée ».
18_ Il ne faut pas laisser les enfants fréquenter les enfants des gens grossiers, car ce faisant il prendra leurs mauvaises habitudes, et cela détruira ce qu’il a appris. Le poète dit : « l’enfant apprend ce qu’on lui donne et il n’oublie pas, car son coeur est comme un joyaux pur. Grave dans son coeur ce que tu veux, il s’en souviendra. ». L’esprit de l’enfant est vide, prêt à tout accepter, comme on dit : « graver pendant la jeunesse est comme graver dans la pierre ».
19_ Il ne faut pas laisser l’enfant sortir le soir, car les diables se répandent à ce moment et peuvent lui causer du tort. L’imam Al-Bukhari rapporte, d’après Jabir ibn ‘Abdillah que le prophète (salallahu ’alayhi wasalam) a dit : « Lorsque le soleil se couche, faites rentrer vos enfants, car les diables sortent à ce moment. Puis, lorsqu’une heure est passée, laissez-les et fermez les portes en mentionnant le nom d’Allah, car les diables ne peuvent ouvrir une porte fermée »
20_ Il faut parfois laisser l’enfant jouer seul, car si on l’empêche constamment de jouer, il sera moins disponible intellectuellement et il s’ennuiera.
Si les parents veulent élever leurs enfants, qu’ils leur donnent une éducation islamique, qu’ils leur apprennent le Qur’an et la sunna. Parmi les choses qui élèvent les parents dans l’au-delà, s’ils sont musulmans, est l’invocation de l’enfant pieux pour eux, comme il est rapporté par l’imam Muslim d’après Abu Hurayra, le prophète (salallahu ’alayhi wasalam) a dit : « Lorsque le fils d’Adam meurt, des oeuvres s’arrêtent, sauf pour trois d’entre-elles : une aumône continue, une science dont les gens profitent, un enfant pieux qui invoque pour lui ».
Abu Hurayra rapporte que le prophète (salallahu ’alayhi wasalam) a dit : « On élèvera le rang du serviteur pieux au paradis et il dira : ö Seigneur, comment pourrais-je avoir cela ? On lui dira : grâce à la demande de pardon de ton enfant pour toi. » (Sahih Al-Musnad).
Si les parents et les enfants sont pieux, mais que ces derniers n’atteignent pas le niveau de leurs parents, Allah les élèvera au niveau de leurs parents, Allah dit : « Ceux qui auront cru et que leurs descendants auront suivis dans la foi, Nous ferons que leurs descendants les rejoignent. Et Nous ne diminuerons en rien le mérité de leurs oeuvres, chacun (n’ayant pour lui) que ce qu’il aura acquis » (At-Tur 21)
L’enfant peut être un bienfait pour ses parents, en leur obéissant, en étant bon avec eux, et c’est ce que les pieux demandent à leur Seigneur, comme Allah dit : « Et ceux qui disent : “Seigneur, fais de nos épouses et nos enfants la réjouissance de nos yeux et fais de nous des guides pour les pieux” »
21_ Il faut chercher à ce que l’enfant fréquente des gens pieux, c’est pour cela que cette mère pieuse qu’est Umm Sulaym a amené son fils Anas au prophète (salallahu ’alayhi wasalam) en lui disant : ö messager d’Allah, Anas est à ton service, invoque Allah pour lui. Il dit alors : « Ö Seigneur ! Augmente et béni sa richesse et ses enfants »
Umm Hudhayfa demanda à son fils Hudhayfa Ibn Al-Yaman : Quand dois-tu le voir ? Elle voulait dire le prophète (salallahu ’alayhi wasalam). Je lui dis : je ne l’ai pas vu depuis, tant et tant. Elle n’a cessé de me le reprocher, et je lui a dit : laisse-moi, j’irai prier avec le prophète (salallahu ’alayhi wasalam) la prière du maghrib et je lui demanderai qu’il demande pardon pour toi et moi. Je suis allé voir le prophète (salallahu ’alayhi wasalam), j’ai prié avec lui le maghrib, il s’est en allé et je l’ai suivi. Il entendit ma voix et dit : Qui est là ? Hudhayfa. Je dis : oui, c’est moi. Il dit : « Que désires-tu, qu’Allah te pardonne ainsi qu’à ta mère ? Il dit : Cet ange n’était jamais descendu sur terre avant cette nuit, il a demandé la permission à Allah de me saluer et m’a annoncé que Fatima est la princesse des femmes du paradis » (At-Tirmidhi)
Les parents doivent faire beaucoup d’efforts dans l’éducation de leurs et enfants, et la guidée reste entre les mains d’Allah. L’homme ne peut se guider lui-même, comment le pourrait-il pour quelqu’un d’autre. A l’exemple de Nuh, un des prophètes d’Allah qui n’a pu guider son fils, il l’incitait pourtant à être avec eux et pas avec les mécréannts, comme Allah dit : « Et Nuh appela son fils, qui était resté en un lieu écarté (non loin de l’arche) : “ô mon enfant, monte avec nous et ne reste pas avec les mécréants”. Il répondit : “Je vais me réfugier sur un mont qui me protégera de l’eau”. Et Noé lui dit : “Il n’y a aujourd’hui aucun protecteur contre l’ordre d’Allah. (Tous périront) sauf celui à qui Il fait miséricorde”. Et les vagues s’interposèrent entre eux, et le fils fut du nombre des noyés » (Hud 42-43)
De même qu’Ibrahim qui exhortait son père à laisser le polythéisme, comme il est rapporté dans de nombreuses sourates, pourtant il n’a pas suivi les conseils de son fils, et dit au contraire : « Si tu ne cesses pas, je te lapiderai, et éloigne-toi de moi pour un long moment” ». (Maryam 46)
Ainsi que notre prophète, Muhammad qui incitait son oncle Abu Talib à se soumettre, malgré tout il refusa et mourut sur le polythéisme. Et les exemples sont nombreux, y compris parmi les salafs :
Shu’ba ibn Al-Hajaj disait : « J’ai eu un fils et je l’ai nommé Sa’d, mais il n’a pas réussit (mâ sa’ada). Je lui disais : va voir Hisham Ad-Dustawa’i. Et il me répondait : je préfère m’amuser avec les pigeons » (Mizan al-‘itidal 2/122)
Isma’il ibn Ibrahim ibn Muqasim était un homme pieux, et parmi ses enfants était Ibrahim, c’était un pur jahmi, il disait que le Qur’an était créé.
La guidée est donc entre les mains d’Allah, mais il faut mettre en oeuvre les causes (de la guidée), et si Allah veut du bien (à cet enfant), il le fera suivre les conseils (de ses parents), et s’Il veut autre chose pour lui, il restera sur sa voie, comme dit le poète : « Si la nature est mauvaise, ni le bon comportement, ni l’éducateur ne seront d’aucune utilité ».
Certains enfants sont des épreuves pour leurs parents, c’est pour cela qu’Allah dit : « Ô vous les croyants ! Vous avez en (certains de) vos épouses et vos enfants un ennemi [une tentation]. Prenez-y garde. » (At-Taghabun 14). Dans ce verset « en » (min) signifie : certains.
« Ô vous les croyants ! Que ni vos biens ni vos enfants ne vous distraient du rappel d’Allah. Et ceux qui le font sont les perdants » (Al-Munafiqun : 9)
L’enfant est une épreuve pour ses parents s’il est la cause de leur éloignement de la religion, parmi les exemples de cela :
1_Si le père est musulman et que son enfant tombe malade et qu’il essaie par tous les moyens de le soigner au point d’aller chez les voyants, les devins, ce qui est une mécréance, car ils prétendent connaître l’Invisible, que seul Allah connaît : « Et Allah ne vous a pas fait connaître l’invisible » (Al-‘Imran 179), « Les clés de l’Invisible sont auprès de Lui, personne ne les connaît en dehors de Lui… » (Al-An’am 59). Et il y a beaucoup d’autres preuves. Ainsi, par la cause de son enfant, ce père commettra un acte de polythéisme.
2_ D’autres négligent leurs obligations (religieuses) pour pourvoir aux besoins de leurs enfants et les distraire.
3_ D’autres installent la télévision chez eux pour distraire leurs enfants, alors que la télévision est haram, pour tout le mal qu’elle comprend : les images, les instruments de musique, le fait de regarder les hommes et les femmes, son adhésion aux principes des ennemis de l’islam, et d’autres maux encore.
C’est en cela que l’enfant peut être un ennemi pour ses parents, et il ne leur sera d’aucune utilité le Jour de la résurrection, au contraire, il se sauvera d’eux, comme Allah dit : « le jour où l’homme fuira son frère, sa mère, son père, son épouse et ses enfants, car chacun d’eux, ce jour-là, sera préoccupé pour lui-même » (‘Abasa : 34-37).
Et quiconque est éprouvé par un enfant désobéissant, qu’il invoque son Seigneur, comme Allah dit : « Et votre Seigneur dit : invoquez-Moi, Je vous répondrai… » (Al-Ghafir 60). La douceur des parents est restreinte par les limites de la Législation, il n’est donc pas permis d’accomplir un acte illicite pour son enfant.
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[L'éducation des enfants depuis leur tendre jeunesse : Par Ibn Al-Djawzî]*.
[PREMIERE PARTIE : VEILLER A LA COMPAGNIE DE L'ENFANT].
- 104 [...] En matière d'éducation, on protègera les enfants contre des fréquentations qui corrompraient leur avenir. Si l'enfant a de la pudeur, de la décence, on peut espérer sa réussite. On le placera dans la compagnie des personnes nobles et des savants et on lui évitera celle des ignorants et des sots : La nature humaine est influençable !
Il faut aussi lui inspirer l'horreur du mensonge et lui éviter la compagnie des enfants sournois. On lui recommandera par contre une grande piété filiale et on le tiendra à l'écart des cercles féminins [1]. [...] =
[1] : Bien évidamment, il en est de même pour la fille qu'on tâchera qu'elle ne fréquente les milieux masculins. Au contraire, la femme femme doit veiller sur elle à la maison, afin que cette dernière, puisse observer sa mère dans tous ces travaux et cela afin qu'in châ Allâh, elle soit une bonne mère.
[DEUXIEME PARTIE : DES L'AGE DE LA PUBERTE, LUI CHOISIR UNE JEUNE FILLE...]
Lorsqu'il aura atteint l'âge nubile, on le mariera à une jeune fille qui n'aura pas connu d'autres hommes : Ils tireront ainsi profit l'un l'autre.
C'était là quelques indications sur la manières d'organiser ses affaires en ce bas monde.
[TROISIEME PARTIE : L'INCITER A APPRENDRE LA SCIENCE BENEFIQUE]
En matière de science, il faut pousser l'enfant, dès l'âge de cinq ans, à s'intéresser au Coran, aux questions de droit et aux cours de hadiths. On lui donnera davantage de choses à mémoriser qu'à écouter, car la période de la mémorisation des connaissances dure jusqu'à quize ans et l'attention se disperse lorsqu'on arrive à l'âge nubile. Il faut tantôt le battre [1], tantôt lui faire un cadeau pour le récompenser quand il aura appris de beaux textes.
[QUATRIEME PARTIE : PAR QUOI DEVRA-T-IL COMMENCER SON APPRENTISSAGE ?]
La première chose qu'on lui imposera est l'acquisition parfaite du Coran qui sera en lui et se mêlera à sa chair et à son sang. Ce sera ensuite une introduction à la grammaire grâce à laquelle il pourra éviter les fautes puis, le fiqh, doctrines et divergeances. Toutes les sciences qu'il lui sera possible de connaître, outre celles que je viens de dire, sont bonnes.
[
CINQUIEME PARTIE : DE CERTAINS COMPORTEMENTS A EVITER]
Qu'il se méfie des habitudes qu'on les gens de hadith de perdre leur temps à relever les versions différentes dans lesquells les hadith sont les mêmes : La vie passe ainsi sans qu'ils aient pu arriver à y comprendre quelque chose. Lorsqu'ils atteingent un âge avancé ils demandent la licence de donner des consultations juridiques ou d'enseigner une partie du Coran, mais ils doivent abandonner. En effet ils ne parviennent plus, quand ils ont vieilli, à retenir ce qu'ils apprennent. Il est essentiel de remplir sa mémoire, dans l'enfance, de ce qu'il y a de plus important (...).
[1] : Si cela s'avère nécessaire bien sûr.
Source : Idem (voir pour la première partie).
Source : Son livre : "Sayd Al-Khâtir." Point n°104.
Posté le 21.11.2007 par oummi
L'amour d'une mère
Voici la lettre d’une mère meurtrie qu’elle adresse à son fils bien-aimé. Cette pauvre mère, après avoir fait son éducation, veillée les nuits pour
lui, sacrifiée sa vie et son bonheur pour sa cause, et organisé son mariage avec une des jeunes filles, s’est vue soudainement reniée par ce dernier en lui désobéissant et la rejetant.
Elle dit dans un extrait de sa lettre : « Mon fiston, il y a maintenant vingt-cinq ans, ce fut dans ma vie une rayonnante journée lorsque le médecin m’informa que j’étais enceinte. Tu sais, mon fils, les mères maîtrisent bien le sens de ce mot, c’est à la fois un mélange de joie et de bonheur, avec le début de la fatigue et les changements psychologiques et physiologiques. Après cette bonne nouvelle, je t’ai porté dans mon ventre pendant neuf mois mon fils, tout en étant heureuse et enjouée. Pourtant, je me levais péniblement, je dormais difficilement, je mangeais à contrecœur, et je respirais malaisément. Malgré tout, cela n’a jamais affaibli l’amour que je te porte et la joie de t’avoir. Au contraire, plus les jours passaient et plus mon amour pour toi ne cessait de se développer et le désir de te voir grandissait. Je t’ai porté, mon fils, subissant pour toi peine sur peine et douleur sur douleur. Cependant, j’étais heureuse, heureuse chaque fois que je ressentais dans mon ventre un de tes mouvements. Je me réjouissais lorsque tu prenais du poids bien que la grossesse me soit pénible. C’est en effet une longue fatigue.
Après cela, l’aube de cette fameuse nuit est arrivée, cette nuit où je n’ai pas dormi, où je n’ai pas pu fermer l’œil. Cette nuit, j’ai été secouée par les douleurs, les difficultés, l’anxiété et la peur. Une situation telle qu’il est impossible de la décrire par écrit ou même oralement. Je jure par Allah mon enfant, à maintes reprises, j’ai perçu la mort de mes propres yeux jusqu’à ce que tu viennes au monde. Tes larmes de naissance se sont mêlées à mes larmes de joie, et toutes mes douleurs et mes blessures disparurent.
Mon cher fils, pendant des années de ma vie je t’ai porté dans mon cœur, je t’ai lavé de mes propres mains, mon giron fut ton lieu pour dormir et de ma poitrine tu prenais ta nourriture. J’ai veillé mes nuits pour que tu dormes, et durant mes jours, je me suis fatiguée pour ton bonheur. Mon seul souhait est de pouvoir entrevoir ton sourire et ma joie de tout instant est que tu me demandes de te préparer quelque chose. Ceci était mon bonheur extrême. Je demeurais ainsi pendant toutes les nuits et les jours qui s’écoulèrent. Je demeurais une servante sans reproche, une nourrice ininterrompue et une travailleuse sans relâche. Ceci jusqu’à ce que tu aies atteint ta maturité et ta pleine croissance, et jusqu’à commencer à voir en toi les signes de la virilité.
Donc, je me suis précipitamment mise à courir ici et là pour te trouver la femme que tu demandais. Puis vint le jour de ton mariage. Mon cœur déchiré, alors mes larmes coulaient, car j’étais d’une part heureuse de contempler ta nouvelle vie de bonheur, mais d’autre part, j’étais triste de te
quitter.
Ensuite, les heures s’écoulèrent lentement, mais brusquement tu n’étais plus le fils que j’avais connu auparavant. Soudainement, tu m’as rejeté et tu as feint d’oublier mes droits sur toi, les jours passent sans que je te voie, ni t’entende. Tu as feint d’ignorer celle qui t’a présenté le meilleur service.
Mon enfant, je ne demande rien de plus que de me compter parmi les membres de tes plus lointains amis et parmi ceux que tu rencontres le moins souvent. Mon tendre fils, fais en sorte de m’accorder chaque mois une place dans ta vie, pour te voir ne serait-ce que quelques minutes. Mon cher fils, sache que mon dos s’est courbé, mes membres sont
tremblotants, les maladies m’ont exténuée et le dépérissement m’a frappée. En effet, je ne me lève que difficilement et ne m’assieds que péniblement. Malgré tout, mon cœur ne cesse d’être animé par ton amour. Si un jour une personne te montre du respect, tu t’empresserais de la remercier pour
avoir bien agi et pour le bienfait reçu, alors que dire de ta mère – que mon Seigneur te garde !—qui a été bonne envers toi, d’une bonté que tu ne
reçois pas et d’une bienfaisance à laquelle tu es ingrat. Cette mère qui était aux petits soins avec toi et s’est occupée de toi des années successives ; cette mère qu’a-t-elle donc récoltée comme récompense et qu’a-t-elle obtenue en compensation ?!
Comment en es-tu arrivé à être aussi insensible et comment le temps a-t-il autant agi sur toi ?! Mon fils chéri, chaque fois qu’on m’apprend que tu es heureux dans ta vie, ma joie et ma réjouissance redoublent. Cependant, je suis étonnée par ton comportement alors que tu es le produit de mes mains. Je me pose la question : quel crime ai-je commis pour être devenue ton ennemie, pour ne plus vouloir venir me voir et pour te montrer réticent à mon égard ?! Pourtant, je ne vais pas me plaindre de toi (auprès d’Allah) et je ne vais pas communiquer ma tristesse (à Allah), car si jamais elle s’élève au-dessus des nuages et monte jusqu’aux portes du ciel, alors le malheur te frappera pour avoir été ingrat (envers moi), le châtiment t’atteindra, et l’adversité s’installera dans ta propre maison. Non ! Je ne le ferai pas, car tu es toujours— ô mon enfant — le fruit de mes entrailles, le doux parfum de ma vie, et le plaisir de mon existence Réveille-toi mon fils, la vieillesse n’est plus si lointaine, les années passeront et tu deviendras un vieux père à ton tour, mais sache que la peine est proportionnée à la faute. À ton tour, tu écriras à ton fils en pleurs de la même façon que je t’ai écrit.
Certes, les litiges seront jugés par Allah. » Crains Allah au sujet de ta mère, sèche ses larmes, et allège sa souffrance. Ensuite si tu le désires, déchire donc sa lettre, mais sache que quiconque fait une bonne œuvre, c’est pour son bien, et quiconque fait le mal, il le fait à ses dépens. [..]
D’après Zaïd qui demanda à Hassan Al-Bassry : « Qu’en est-il de l’invocation des parents pour leur enfant ? » Il répondit : « c’est pour lui sa délivrance. » J’ajoutais : « Qu’en est-il si l’invocation des parents est contre leur enfant ? » Il répondit : « c’est pour lui son anéantissement. » c.-à-d. sa perte. Le droit de la mère sur son fils est énorme et de grande importance. Il n’a pas à l’appeler par son prénom, mais il doit l’appeler par les noms qu’elle aime ou par son surnom (Oumm untel). Ne t’assieds pas avant elle et ne marche pas devant elle. Accueille-la avec un visage rayonnant, embrasse-lui la tête et baise-lui la main. Lorsque tu l’enjoins à faire une chose, fais-le correctement sans la blesser. Réponds à son invitation lorsqu’elle t’invite sans éprouver la moindre lassitude ou la moindre répugnance. Parle-lui avec douceur, nourris-la lorsqu’elle a faim et empresse-toi de lui ramener toutes les bonnes choses qu’elle désire. Donne-lui ce qu’elle souhaite avant même qu’elle ne le demande et informe-toi de ce qu’elle aime pour le lui apporter. Sois pour elle un servant obéissant. Obéis-lui tant que cela n’induit pas un péché. Ne la devance pas en mangeant ou en buvant. Réjouis-la en invoquant pour elle la miséricorde et le pardon pendant la nuit et aux extrémités du jour. Ne tiens pas compte de ses fautes et ses faux pas. Ne parle d’elle à quiconque d’un ton plaintif ou outrageant et n’exprime à quiconque ce qui te chagrine à son sujet. Fais-lui plaisir et respecte-la. Ne t’enorgueillis pas face à elle, car tu étais à l’intérieur de ses entrailles et tu étais entre ses mains. Rends-la heureuse et entretiens un bon comportement avec elle. Enfin, demande qu’elle invoque Allah pour toi, car les portes du ciel s’ouvrent pour ce genre d’invocation.
Louange à Allah, et que la paix et sa bénédiction soient accordées à Son Prophète Muhammad, ainsi qu’à sa famille et ses compagnons et tous ceux qui les ont suivis de la meilleure manière…
Posté le 21.11.2007 par oummi
Hajar, La mère patiente
Hajar était la servante de Sarah, la première femme de Ibrahim, et c’est le roi de l’Egypte a l’époque An-Noumroud qui il lui a offert (voir l’article Sarah, la femme d'Ibrahim) sa servante Hajar.
Le mariage de Ibrahim avec Hajar
Sarah ne pouvait pas enfanter, alors elle a encouragé son mari à prendre Hajar sa servante comme épouse.
L’union d’Ibrahim et d’Hajar fut bénie par Dieu et ils eurent un fils à qui ils donnèrent le prénom Ismaïl. Lorsque Ibrahim (salut de Allah soit sur lui) commença à rencontrer trop de résistance à son appel à Dieu, il lui fut ordonné de quitter son pays en compagnie de sa femme Hajar et de son fils et de se rendre dans un lieu désert où il n’existait ni plantes, ni eau. Abandonnant tous leurs biens derrière eux ainsi que la verdure, les fruits et les rivières auxquels ils étaient habitués, ils se rendirent donc dans cette zone aride sur laquelle naîtra plus tard la ville de La Mecque.
Ibn Abbas (Allah soit satisfait de lui) a dit: “La première des femmes qui utilisa une ceinture pour cacher les signes d’allaitement fut la mère d’Ismaïl. C’était pour le cacher à Sarah car cette dernière était stérile. Ibrahim l’emmena, alors qu’elle allaitait et la déposa à côté de la Maison (la Kaaba) sous un haut et grand arbre à la hauteur de Zamzam, à l’endroit le plus haut de la Mosquée. A l’époque il n’y avait personne à la Mecque, et il n’y avait pas d’eau. Il la déposa là avec un sac de dattes et une outre pleine d’eau. Ibrahim rebroussa chemin. La mère d’Ismaïl le suivit en disant : « Où vas-tu en nous laissant dans cette vallée où il n’y a ni humain ni objet ? » Elle le répéta plusieurs fois sans qu’il lui prête attention. Elle lui dit: « Est-ce Dieu qui te l’a ordonné ? » Il répondit: « Oui ! » Elle dit: « Alors, Il ne nous abandonnera pas ! » et elle s’en retourna. Ibrahim repartit jusqu’à Attaniya d’où on ne pourrait le voir. Il se dirigea vers la Mecque et invoqua Dieu en ces termes: « Notre Seigneur, j’ai fixé une partie de ma progéniture dans une dépression impropre aux cultures, juste auprès de Ta Maison cachée, notre Seigneur, pour qu ‘ils accomplissent la prière. Fais que des coeurs d’entre les humains se précipitent vers eux. Fais-leur attribution de fruits. Peut-être seront-ils reconnaissants» (Sourate 14 verset 37)
Hajar et la course (Sa’ya) entre as-Safa’et al-Marwa
La mère d’Ismaïl avait commencé à allaiter et buvait de son eau. Quand il n’en resta plus et qu’elle eut soif ainsi que son fils qui se tordait (de soif), ne pouvant plus supporter de le voir ainsi, elle se dirigea vers as-Safa, la montagne la plus proche. Elle l’escalada mais elle ne vit personne. De là, elle se dirigea vers la vallée pour voir s’il y avait quelqu’un. Mais elle ne vit personne. Elle descendit d’as-Safa jusqu’à la vallée où elle retroussa sa chemise et marcha jusqu’à dépasser la vallée. Puis elle repartit vers alMarwa qu’elle escalada. Mais elle ne vit personne. Elle répéta cela sept fois. Ibn Abbas (Que Dieu soit satisfait de lui) a dit que l’Envoyé de Dieu a ajouté: «C’est cela la course (Sa’ya) entre as-Safa’et al-Marwa» Arrivée à al-Marwa, elle entendit une voix et elle dit « Silence ! » se parlant à elle-même. Puis elle écouta de nouveau. Elle dit: « Tu as entendu si tu as de quoi nous sauver”, voilà un ange près de Zamzam qui frappait avec son talon ou son aile jusqu’à ce que l’eau apparut. Elle commença à tourner autour en disant, agitant ses mains: « Aussi! » Puis elle remplit son outre alors que l’eau jaillissait. lbn ‘Abbas (Allah soit satisfait de lui) a dit: « L’Envoyé de Dieu a ajouté: « Que Dieu accorde Sa Miséricorde à la mère d’Ismaïl, si elle avait laissé l’eau aller ou si elle n’avait pas pris d’eau Zamzam aurait été une source débordante. » Elle a bu et allaité son bébé. L’ange lui dit: “Ne crains rien pour la propriété de cette eau car ici sera fondée la Maison de Dieu grâce à ce bébé et à son père. Dieu ne lésera pas sa progéniture» La Maison était située sur une hauteur comme sur une colline où le vent vient de droite et de gauche. Elle est restée ainsi jusqu’au jour où un groupe de Jourhoum ou de la famille Jourhoum arrivèrent d’un voyage difficile. Ils s’installèrent près de la Mecque et aperçurent un oiseau assoiffé. Ils se sont dit : “Cet oiseau survole de l’eau”, alors qu’on connaissait cette vallée sans eau. Ils ont alors envoyé un ou deux ado1escents qui ont découvert l’eau. Ils ont rapporté la nouvelle et ils se sont tous rendus chez la mère d’Ismaïl qui était près de l’eau. Ils lui ont demandèrent : «Nous autorisez-vous à nous installez chez vous ? » Elle répondit : «Oui, mais vous n’avez aucun droit sur l’eau» Ils répondirent : «D’accord» Ibn ‘Abbas ajoute que l’Envoyé de Dieu (P.S soient sur lui) a dit : « La mère d’Ismaïl s’habitua à eux, elle qui aimait la compagnie. Il y a eu parmi eux de grandes familles parmi lesquelles l’enfant grandit et apprit l’Arabe. Il leur plaisait et ils l’admiraient. Quand il atteignit l’âge de se marier, ils lui donnèrent une de leurs femmes. Puis, Hajar, la mère d’Ismaïl mourut… » Le livre des prophètes Vol. VI – 3364 Rapporté par Al Boukhâri
Le retour de Ibrahim et sa vision
Les jours s’écoulèrent sans que rien ne vienne perturber la vie d’Hajar et de son fils, d’autant plus qu’Ibrahim était de retour de son périple. Une seconde épreuve attendait cependant HAJAR, la tendre mère pieuse qui avait enduré toutes les souffrances consécutives à leur isolement en plein désert aride. En effet, Ibrahim eut une vision dans laquelle il lui était demandé d’égorger son unique fils. Hajar, informée par la vision de son époux, comprit que Dieu leur demandait une nouvelle preuve de foi et elle accepta que le destin s’accomplisse, bien que ce sacrifice lui parut dur à supporter au départ. Mais elle était convaincue que si telle était la volonté de Dieu, c’est qu’une sagesse qu’elle ne pouvait comprendre justifiait un tel acte. L’enfant leur avait été donné par Dieu, et Dieu pouvait le leur reprendre quand il le voulait malgré tout l’amour qu’ils pouvaient lui porter, car leur amour pour Dieu était plus fort encore. Ismaïl lui-même acceptait d’être présenté en sacrifice à Dieu. Ibrahim emmena donc son fils loin d’Hajar et ils se rendirent à Mina. Là, Ismaïl s’étendit par terre et présenta sa gorge au couteau que tenait son père.
Au moment où Ibrahim s’apprêtait à obéir aux ordres de Dieu, la Magnanimité divine se manifesta. L’archange Gabriel fut envoyé par Dieu avec un mouton du Paradis qui devait être égorgé à la place d’Ismaïl, le père et le fils ayant fait preuve de leur obéissance totale à Dieu.
Ainsi prit fin la dure épreuve d’Hajar. Elle retrouva avec une très grande joie son fils et remercia Dieu de Sa Clémence. La famille, à nouveau réunie, vécut dans le bonheur de la foi inaltérable en la Puissance et la Clémence divine.
Hâjar est une femme exemplaire : elle montra sa grande confiance en Allah dans les épreuves et son grand courage dans les situations difficiles.
Source :
http://annissa.edaama.org
http://www.apbif.org
http://www.petitmusulman.com
Posté le 21.11.2007 par oummi
La mère de Moussa (Moïse)
La mère de Moussa (Moïse) s’appelait Yokèbed issue de la tribu de Lévi, mère également de Haroun (Aaron) et Myriam.
La prédiction du Pharaon
Suite à la prédiction faite à Pharaon par les mages les plus illustres d’Egypte. Par conséquent, Pharaon, craignant qu‘il ne naisse effectivement parmi les fils d’Israël un enfant qui lui ravirait son trône et tout son pouvoir, avait décidé que tous les nouveau-nés israélites seraient assassinés au berceau. C’était, à ses yeux, la meilleure façon d’enrayer le mal à la racine.
Pas très loin du palais de Pharaon, vivait une petite famille qui comptait la mère et deux enfants: une fille et un garçon ayant pour prénom Aaron. La mère était enceinte et elle avait déjà toutes les appréhensions du monde pour l’enfant qu’elle allait mettre au monde. Elle se prenait souvent à espérer que ce soit une fille plutôt qu‘un garçon, ce qui l’aurait rassurée sur le sort de ses enfants. Mais ce fut un enfant mâle qui vint au monde, à un moment où les hommes de main de Pharaon arrachaient les bébés israélites à leurs mères pour les tuer sous leurs propres yeux. La famille dut donc jalousement garder le secret de cette naissance, mais au bout de trois mois, la mère se rendit à l’évidence: tant que son bébé restait avec elle, il était en danger de mort, et ce n’était absolument pas la fin qu’elle désirait pour cet enfant auquel elle s’était attachée des le premier instant où elle avait vu son petit visage, attachement d’autant plus fort qu’e1le sentait le fléau de la mort suspendu au-dessus de son petit crâne par un fil très mince qui pouvait être rompu à tout instant par les hommes de Pharaon. C’est ainsi qu’elle fut contrainte d’éloigner d’elle ce fils auquel elle tenait tant et qu’elle voulait voir survivre
La mère confia l’enfant au fleuve
Alors Dieu inspira à la mère de Moussa de confier l’enfant au fleuve. Elle plaça alors son fils dans une corbeille, et elle le déposa sur les rives du Nil. L’enfant est recueilli par la fille du pharaon, qui l'élève comme son fils. Elle lui donne le nom de Moussa (Moïse), car elle l’a "tiré des eaux".
Allah a dit : Traduction relative et approchée : “Nous inspirâmes à la mère de Moussa : “Allaite-le; quand tu concevras pour lui des craintes, jette-le dans le fleuve, sans crainte ni chagrin, car Nous te le rendrons et le mettrons au nombre des envoyés.” (Sourate 28 verset 7)
Moussa dans le palais du Pharaon
Par précaution, la pauvre mère recommanda à sa fille de suivre de loin, depuis le rivage, la suite des évènements. Depuis la rive du fleuve, la jeune fille vit corbeille récupérée par des agents de Pharaon.
Allah a dit : Traduction relative et approchée : “Nous t‘avons favorisé une fois déjà quand Nous fîmes à ta mère certaines révélations: “Jette-le dans le coffre, jette le coffre dans la mer, et que la mer le relance au rivage, et que le recueille un ennemi a Moi, ennemi à lui ”. Et J’émanai sur toi une force d’amour, afin que sous Mon regard tu fusses façonné (élevé). » Un jour passait ta s soeur, elle dit: « Puis-je vous indiquer des gens qui vous le prenne en charge ? » Ainsi Nous te rendîmes à ta mère pour rafraîchir ses yeux et qu’elle n’eut plus de chagrin. » (Sourate 20 verset 37 à 40)
Le Pharaon avait la quasi-certitude qu’il ne pouvait s’agir que d’un enfant israélite comme le pensaient ses hommes, mais il ne put mettre sa menace à exécution et donner la mort au bébé. Allah était en effet intervenu pour faire en sorte que Assya; l’épouse de Pharaon, ressente une grande affection pour ce bébé trouvé dès le premier regard, et elle supplia par conséquent son mari de lui permettre de garder cet enfant et de l’élever comme son fils qu’elle avait toujours attendu et qu’elle n’avait pu avoir. Pharaon dut donc laisser la vie sauve au bébé et accepter qu’il grandisse dans son palais.
Pendant ce temps, la pauvre mère, chagrinée d’avoir été contrainte à abandonner son fils, apprenait par la bouche de sa file que le petit enfant se trouvait dans le palais du pire ennemi de leur race. Néanmoins, son inquiétude commença à s’estomper lorsqu’elle comprit que c’était la Volonté divine qui en avait décidé ainsi, et que son fils était plus en sécurité dans le palais que partout ailleurs. Elle se souvint en effet de ce qui lui avait été inspiré.
Allah a dit : Traduction relative et approchée : « Et le coeur de la mère de Moussa devint vide. Peu s’en fallut qu‘elle ne divulguât tout, si Nous n‘avions pas pansé son cœur, afin qu‘elle restât du nombre des croyants. » (Sourate 28 verset 10)
Dans le palais, c’était la consternation générale depuis l’arrivée du beau bébé. Autant cet événement avait fait la joie d’Assya, autant il lui causait des tracas maintenant.
La mère retrouva son enfant
Le bébé refusait en effet de se nourrir et, bien qu’on lui ait présenté les meilleures nourrices du pays, il continuait de s’abstenir de toute nourriture.
« Va-t-on le laisser mourir de faim ? » se de mandaient les dames de compagnie de l’épouse de Pharaon tout en s’ingéniant à trouver le meilleur moyen de faire manger le bébé, car chacune avait intérêt à être la source de la satisfaction de sa maîtresse et d’en tirer ainsi le maximum de profit.
Malgré tous leurs efforts, personne n’était parvenu à satisfaire la faim du bébé. En désespoir de cause, Assya ordonna à ses servantes de prendre l’enfant et de chercher partout dans la cité une nourrice que l’enfant accepterait enfin.
De son côté la soeur de Moussa s’était approchée du palais dans l’espoir de recueillir quelque information qu’elle pourrait rapporter chez elle pour tranquilliser sa mère. Ce fut donc avec une grande satisfaction que les servantes sortir en quête d’une nourrice.
Très habilement, elle s’approcha des femmes faisant semblant de marquer peu d’intérêt au spectacle qu’elle voyait, elle se hasarda à insinuer qu’elle connaissait une nourrice qui accepterait bien de se charger de cet enfant. Les servantes, heureuses du nouvel espoir de récompense qu’elles entrevoyaient s’empressèrent de lui demander de leur indiquer la femme en question et s’en retournèrent hâtivement au palais annoncer la bonne nouvelle à leur maîtresse.
Assya avait beaucoup de peine pour ce bébé qu’elle aimait déjà beaucoup, et elle n’hésita pas une seconde : « Qu ‘attendez-vous pour aller la chercher ? » demanda-t-elle.
On fit venir la femme, et la pauvre mère eut l’occasion de revoir son enfant chéri. Mais il ne lui fallait à aucun moment faiblir et montrer ce qu’elle pouvait ressentir. Elle prit donc le bébé comme s’il avait été un véritable étranger et lui donna le sein. C’est alors qu’arriva le miracle que tout le monde attendait avec impatience: le bébé accepta le sein qui lui était présenté et s’allaita comme si un lien secret le liait à cette femme que personne ne connaissait quelques minutes auparavant.
Il demanda donc à la femme de devenir la nourrice du bébé contre une rétribution. Cette dernière accepta. La coutume voulait que la nourrice emmène chez elle l’enfant dont elle avait la charge et c’est ainsi que se réalisa la promesse d’Allah, comme le rapporte le Coran:
« Nous le rendîmes ainsi à sa mère pour qu’elle retrouve sa joie et pour qu ‘elle sache que la promesse de Dieu se réalise toujours, mais la plupart des hommes ne savent point. » (Sourate le récite verset 13)
L’enfant vécut donc sa première année auprès de sa véritable mère, et personne ne savait que Moussa ne se trouvait pas seulement avec sa nourrice, mais avec sa véritable mère.
L’on comprend alors toute l’étendue du sacrifice d’une mère qui ne peut avouer que l’enfant qu’elle est en train de nourrir est véritablement le sien. Le secret pesait d’autant plus que le moment du sevrage se rapprochait inexorablement, ce qui signifiait que la pauvre mère devait à nouveau se séparer de son fils et le rendre à ses parents adoptifs. Mais l’enfant avait maintenant grandi un peu et surtout il n’était plus en danger comme à sa naissance, puisque la Protection divine avait fait qu’Assya s’attache à Moussa et que l’enfant puisse vivre dans le palais même de celui que le Coran qualifia d’ “ennemi des enfants “.
Ce n’est que dans une telle situation que l’on parvient à comprendre la signification des mots sacrifice et souffrance. La foi en Allah est cependant le meilleur refuge pour avoir le courage d’affronter tout ce que peut endurer une mère privée de son enfant, comme l’a fait la mère de Moussa.
Et Nous révélâmes à la mère de Moïse [ceci]: ‹Allaite-le. Et quand tu craindras pour lui, jette-le dans le flot. Et n'aie pas peur et ne t'attriste pas: Nous te le rendrons et ferons de lui un Messager›.
Sources :
www.annissa.edaama.org/
www.air-islam.com
"Le grand livre des religions du monde" sous la direction de Peter Clarke, (éditions Solar)
www.egypte-antique.com
Posté le 21.11.2007 par oummi
La vierge Marie : Mariam la mère de issa
Mohammed ibn isaac dit que son nom est Mariam bint imran ibn bachem ibn amoun ibn micha ibn hazka ibn ahrik ibn mawtham ibn azazia ibn amsia ibn yawech ibn ahriho ibn yazem ibn yahfachat ibn icha ibn lyan ibn rahbaan ibn Daoud.
Ibn assaker dit par contre Mariam bint imran ibn mathan ibn alizar ibn alyod ibn akhnaz ibn sadouk ibn ayazoz ibn elyakim ibn aybod ibn zariabil ibn chaltal ibn hazkia ibn ahaz ibn nautham ibn azaria ibn youran ibn youchafat ibn icha ibn iba ibn rahbaan ibn soulaymane ibn Daoud. Néanmoins, il est convenu qu'il est de la postérité de Daoud (David). Son père imran dirigeait la prière des fils d'Israël à son époque et sa mere, hannah (anne) bint fakoud ibn kabil était une adoratrice dévote. Zakaria, était le prophète de cette époque.
La naissance de Mariam
La femme d’Imrane espérait depuis très longtemps avoir un enfant; elle n’était parvenue à supporter sa stérilité qui durait depuis trop longtemps, en essayant de se persuader qu’une chose ne pouvait arriver qu’au moment où Dieu avait décidé qu’elle ait lieu ; mais avec l’âge, elle se prit à désespérer quelquefois pendant de courts instants; grâce à sa forte foi, elle parvenait rapidement à reprendre courage et se mettait à espérer de nouveau. A chaque fois, elle se répétait en effet que la Puissance divine était au-dessus de tout. Elle était convaincue que Dieu répondrait favorab1ement à sa demande et c’est ainsi qu’elle fit le vœu de vouer le fils qu’elle aurait au service du Temp1e. Son désir le plus ardent était en effet que sa progéniture soit au service de Dieu uniquement, ce qui était le sentiment le plus noble que puisse ressentir une mère car elle savait que ce vœu formulé la priverait de l’appropriation égoïste que peut ressentir toute mère.
Bientôt, l’épouse d’Imrane se rendit compte que, malgré son âge, elle était enceinte. Son désir le plus cher allait enfin se réaliser, et elle pourrait tenir la promesse faite à Dieu. C’était cela qui lui procurait le plus de bonheur. Mais toute sa joie faillit disparaître en fumée quand elle mit au monde son enfant tant attendu et qu’elle s’aperçut qu’elle avait eu une file, non un garçon comme elle avait tant espéré. Ce fut une déception qui ne dura pas longtemps, car elle parvint une fois encore à se convaincre que tout ce qui nous vient de Dieu ne reflète que la Volonté divine qui cache le plus souvent une sagesse que nous ne pouvons pas toujours découvrir sur le champ.
Sa première réaction fut donc de se tourner vers son Créateur et de dire: « Seigneur, voilà que j‘ai accouché d’une fille » or Dieu savait mieux qu‘elle de quoi elle avait accouché et le garçon n‘est pas comme la fille. Je l’ai appelée Mariam, et je la place, ainsi que sa descendance, sous Ta protection contre Satan le banni. » (Sourate la famille d’Imran verset 35)
Aussitôt après le bébé fut emmené au temple, ainsi que l’exigeait le respect du vœu formulé. Les rabbins s’arrachèrent la petite enfant, tous désireux d’en avoir la charge, car il s’agissait de leur supérieur Imrane, un homme respecté et estimé de tous.
Mariam la prêtresse
Ce n’était certes point une habitude qu’une fille soit acceptée comme prêtresse, charge jusque-là réservée aux seuls hommes, mais la situation était telle que les rabbins ne pouvaient refuser une personne qui, avant sa naissance, avait été vouée au service de Dieu. C’est la raison pour laquelle tout le monde voulut être le parrain de la petite file.
Zakaria fut cependant celui qui fut désigné en fin de compte, étant donné qu’il était le mari de la tante maternelle du bébé. C’était le supérieur des rabbins, un descendant d’Aaron et un homme de grande qualité, auquel avait été confié la charge du temple qui se transmettait dans sa famille depuis des générations.
Mariam grandit donc dans la famille de ce saint homme, auprès de sa tante maternelle. Lorsqu’elle eut atteint la puberté, il lui fit construit une chambre dans le temple même, afin qu’elle puisse se consacrer entièrement à l’adoration de Dieu, conformément au vœu fait par sa mère. L’influence de la vie qu’elle avait menée dans cette pieuse famille adoptive fut déterminante, car Mariam passa tout son temps à n’adorer que Dieu seul, sans rien Lui associer, passant ses journées à jeûner et ses nuits dans la ferveur et la prosternation, chaque jour, Zakaria enfermait Mariam dans sa chambre, l’abandonnant ainsi à l’adoration, et il ne revenait la voir que pour lui apporter ses repas. Cependant, chaque fois, il trouvait devant elle de la nourriture et quand il demandait à la jeune fille d’où lui venait cela, elle répondait que c’était un don de Dieu.
En effet, Dieu avait agréé la jeune fille d’une bonne manière, comme il est précisé dans le Coran (Sourate la famille d’Imrane verset 37).
La révélation
L’ascétisme dans lequel vivait Mariam n’était en réalité qu’une préparation divine à un destin différent de celui de toutes les autres femmes. En effet, après avoir pendant très longtemps abandonné la vie pour la seule adoration de son Créateur, Mariam eut un jour une révélation qui lui fit comprendre ce grand destin qui l’attendait : elle fut informée que Dieu lui accorderait un signe qui porterait le nom de Issa fils de Mariam.
« Et lorsque les Anges dirent: « 0 Mariam ! Dieu t’annonces la bonne nouvelle de la prochaine venue d’une Parole de lui. Son nom est le Messie, Issa fils de Mariam, notable dans ce monde et dans l’autre et parmi les rapprochés. » (Sourate La Famille d’Imrane verset 45)
La Sagesse divine infinie voulut que ce soit là une préparation psychique à l’extraordinaire événement qu’elle allait vivre bientôt. Dans sa solitude et son isolement total, elle reçut quelque temps après la visite d’un envoyé de Dieu, l’archange Gabriel qui lui apparut sous une forme humaine. Dès qu’elle vit cette apparition, elle demanda refuge auprès de Dieu, réaction tant ce qu’il y a de plus ordinaire de la part d’une jeune fille vierge. Mais elle ne tarda pas à se rendre compte du grand rayonnement de son visiteur, et elle commença à se sentir plus rassurée quand elle l’entendit dire: « Je ne suis qu ‘un messager de ton Seigneur ayant pour mission de te donner un garçon pur et béni. » (Sourate Mariam verset 19)
La crainte reprit alors le dessus et la méfiance qu’elle ressentait vis-à-vis de cet inconnu redoubla. Elle n’était certes pas, sans ignorer que la procréation ne pouvait résulter que d’un contact charnel entre un homme et une femme, et elle n’avait jamais vécu, pour sa part, aucune expérience de cette sorte. Pourquoi alors ne pas supposer que cet étrange visiteur n’était pas en train de ruser pour abuser de sa bonté et de sa crédulité, elle qui se retrouvait enfermée dans cette chambre, toute seule avec lui. C’est pourquoi elle ne put s’empêcher de demander: « Elle dit: « Comment puis-je avoir un garçon alors qu ‘aucun humain ne m‘a jamais touchée et que je n’ai jamais été une femme de mauvaises moeurs? » (Sourate Mariam verset 20)
Cependant, son inquiétude ne dura pas longtemps car Gabriel répliqua aussitôt:
« C‘est ainsi qu‘a dit ton Seigneur: « Cela M’est bien facile et afin que Nous en fassions un signe pour les Humains et un effet de Notre Miséricorde. » (Sourate Mariam verset 2)
Alors Mariam put se rassurer et accorder foi à son visiteur, et le destin de Dieu s’accomplit conformément à Sa Volonté. Une fois encore, Dieu avait procuré à l’espèce humaine une preuve de Son Existence et de Son Pouvoir infini, ainsi que de Sa Magnanimité pour les fils d’Israël et pour l’humanité toute entière. Mariam, quant à elle, voyait par cet événement se concrétiser le destin de femme éternelle auquel Dieu l’avait vouée: « Et Mariam, la fille d’Imrane, qui préserva son organe pudique, Nous y insufflâmes alors de Notre Esprit. Elle crut aux Messagers de son Seigneur et à Ses Livres et elle fait à jamais partie des humbles dévots. » (Sourate l’interdiction verset 12)
Mariam et les premiers signes de la miracle de Dieu
Un miracle venait certes de s’accomplir, mais ce fut également le début des nombreux tracas que devait connaître par la suite cette femme pure. Comment en effet expliquer ce qui lui arrivait aux fils d’Israël, sachant que jamais ils ne pourraient croire en un miracle, tellement ils étaient suspicieux, et comment faire face à leur médisance, dans ce cas ?
Par conséquent, Mariam essaya d’abord de cacher aux siens son état, mais au fur et à mesure que les jours passaient les signes, qui ne trompent personne, commencèrent à devenir de plus en plus évidents. Même Joseph le menuisier qui l’avait prise en charge après Zakaria commença à ressentir une certaine gêne. Il ne doutait point de la fidélité et de la foi de Mariam envers Dieu, ce qui lui avait toujours fait éviter d’aborder le problème avec Mariam, mais il n’arrivait pas non plus à s’expliquer ce qu’il voyait de ses propres yeux sans pourtant se résigner à y croire.
II vint cependant le moment où il ne put plus continuer à se taire. Il s’en ouvrit donc à Mariam et lui fit part de l’embarras dans lequel il vivait depuis un certain temps, mais qu’il ne pouvait plus garder pour lui. Devinant ses pensées, Mariam interrompit Joseph avant qu’il n’ait terminé pour lui demander de ne point penser à mal et de ne dire que des paroles qui se respectent. Joseph demanda alors : « Dis-moi, Mariam, existe-t-il une plante qui ait poussée sans semence? »
« Certes », répondit Mariam. « Y aurait-il eu un arbre qui aurait pu pousser sans être arrosé ? », demanda encore Joseph. « Certes », répondit encore Mariam. « Un enfant peut-il exister s’il n’y a pas de père ? » fut la dernière question de Joseph. Mariam resta très calme malgré ce qu’il était possible de déceler de doutes dans ces questions, et ses réponses furent convaincantes: « Quant à ce qui est des plantes, tu n‘es pas sans savoir que Dieu a créé des herbes sans qu’il n’y ait eu des semences et qu‘Il a fait pousser des arbres par Sa propre Volonté, sans avoir nécessairement besoin d’eau. Pour ce qui est de l’être humain, tu n‘ignores pas qu’Adame et Eve furent créés sans qu ‘ils aient eu besoin de pères. Douterais-tu donc de la Puissance divine ? »
Joseph ne pouvait plus se permettre le moindre doute, et il fut convaincu que ce qu’il voyait sous ses yeux n’était que la manifestation d’un miracle, preuve de la Puissance divine infinie.
La naissance de Issa (Paix de Allah soit sur lui)
Tout le monde n’était cependant pas aussi croyant que Joseph; Mariam se trouva donc dans l’obligation de partir très loin, là où personne des siens ne pourrait savoir ce qui lui arrivait. Elle dut partir seule à la découverte de contrées qui lui étaient inconnues jusque-là, avec cette appréhension d’une personne qui se lance dans une forêt inconnue, sans aucune arme pour se défendre. Ainsi, elle se rendit à Bethlehem et juste avant d’y parvenir, elle sentit les premières contractions de l’enfant qu’elle portait et qui allait naître très bientôt. Elle était toute seule, isolée, sans aucune aide en vue. Elle s’arrêta au pied d’un palmier rabougri et sec, se remit à penser au sort qui l’attendait après cette naissance et le désespoir la gagna. Elle était parvenue jusqu’ici à cacher son état à presque tout le monde, mais la situation allait changer puisque chacun pourrait voir le bébé qu’elle mettrait au monde et jamais les questions ne cesseraient certainement, mais le plus grave était ce mépris et ces médisances qu’elle devinait déjà et auxquels il ne lui serait pas facile de résister. “Elle le (Issa) conçut et s‘isola avec lui dans un lieu lointain, les douleurs la firent s‘adosser au tronc d’un dattier; elle dit: « Que ne suis-je pas morte avant et que ne suis-je un oubli qu‘on oublie ! » Il (un ange) l’appela de dessous elle: « N’aie pas de chagrin. Le Seigneur a mis au-dessous de toi une source. » Secoue vers toi ce tronc de dattier pour en faire pleuvoir des dattes mûres bonnes à cueillir. Mange et bois, rends à ton oeil la fraîcheur. Au premier humain que tu verras dit: « J’ai fait voeu au tout Miséricordieux de jeûner. Je ne parlerai en ce jour à personne. » Elle revint vers son peuple portant l’enfant. Ils dirent: « 0 Mariam tu as commis une chose épouvantable ! Sœur d’Aaron, ton père n‘était pas homme de mal, non plus que ta mère était une débauchée ! » Elle désigna l’enfant. Ils dirent: « Comment parlerons-nous à un enfant au berceau ? »
Or il dit : « Je suis vraiment 1‘esclave de Dieu. Il m ‘a apporté le Livre, il a fait de moi un prophète, Il m‘a béni là où je me trouve et m‘a recommandé la prière et l’aumône légale tant que je vivrai, et la charité envers ma mère. Il n‘a pas fait de moi un violent misérable. Salut à moi le jour de ma naissance, le jour où je mourrai, comme au jour où vivant je ressusciterai. » Voilà Issa fils de Mariam. Parole de la vérité, sur quoi ils controversent. Pourquoi Dieu aurait-Il adopté un enfant? Pureté à Lui! Une fois son décret pris, Il n‘a qu’à dire “Sois!“ et cela est. « Dieu est mon Seigneur et le vôtre. Adorez-le. Voici le droit chemin. » (Sourate 19 verset 30 à 36)
L’enfant vint au monde dans la plus grande solitude, sans aide aucune pour sa mère qui souffrit beaucoup de cette situation. Une nouvelle preuve de l’Assistance divine venait de lui être apportée et elle s‘exécuta avec empressement. Il lui fut également inspiré de se contenter de répondre qu’elle avait décidé de jeûner ce jour-là et par conséquent de n’adresser la parole à personne. C’est ce qu’elle fit.
Mariam face au gens de son village
Lorsque Mariam fut de retour auprès des siens, après avoir passé quelque quarante jours dans la plus grande solitude, ses craintes commencèrent à se concrétiser. Les gens l’accueillirent d’abord avec beaucoup de suspicion, puis les langues se mirent à médire, à lui faire les reproches les plus sévères. Elle avait, à leurs yeux, commis le crime le plus impardonnable pour une femme qui descendait d’une famille des plus respectables. Mariam garda néanmoins le silence et supporta toutes les injures. Quand les siens la pressèrent de questions, elle se contenta de répondre: « J’ai fait vœu de carême et je ne vous répondrai rien. Si vous désirez savoir quelque chose, adressez-vous donc à lui » dit-elle en désignant le bébé.
« Aurait-elle complètement perdu la raison ? » se demandèrent ses interlocuteurs. « Comment un bébé de quelques jours pourrait-il parler ? »
Mais ce qu’ils croyaient impossible se réalisa sous leurs propres yeux et le bébé parla pour tout expliquer et pour innocenter sa mère de toutes les accusations qui pesaient sur elle: « Je suis vraiment serviteur et adorateur de Dieu. Il m’a apporté le Livre et a fait de moi un prophète. Il a fait de moi une bénédiction là où je me trouve et m‘a recommandé la prière et l’aumône légale tant que je serais vivant, plein de piété filiale pour ma mère et Il ne m’a nullement fait un violent misérable. » (Sourate Mariam verset 30 à 32)
Les personnes présentes n’avaient plus rien à répondre à ce miracle, et Mariam fut à nouveau réconfortée par l’assistance divine, ce qui l’encouragea à affronter le reste des siens. Mais il restait à convaincre encore tout le reste du peuple de l’innocence de Mariam, ce qui ne fut difficile à réaliser.
Devant les tracas que lui causaient les siens, Mariam dut se résigner à s’exiler et à partir très loin. Son fils grandit presque comme tous les enfants, à cela près que dès son adolescence il fit preuve de signes précurseurs de son intelligence et de ses grandes qualités morales qui le prédestinaient à jouer un rôle capital dans l’avenir de l’humanité tout entière. Jusqu’à l’âge de trente ans, on ne put jamais lui faire ces reproches qui peuvent être adressés à tout jeune. Puis ce fut la Révélation du Message divin, et nous savons quelle fin lui réservèrent ses pires ennemis qui étaient enfin parvenus à faire croire qu’il conspirait contre l’empire romain.
Pendant tout ce temps, Mariam suivait l’évolution de son fils et en était très fière. Elle voyait son fils souffrir le martyr et souffrait avec lui tout en essayant de lui apporter le réconfort qu’elle pouvait, jusqu’au jour où elle crut que son fils avait été crucifié. Ce fut là l’un des pires moments qu’elle n’ait jamais connus, mais il lui fut inspiré ensuite que le crucifié n’avait point été Issa fils de Mariam, mais un jeune homme qui lui ressemblait étrangement. Pendant les six années qui suivirent cet événement elle continua le travail commencé par son fils, puis elle connut enfin le repos éternel. Ainsi s’acheva une vie de sacrifices, de dévotion et de foi inaltérable en Dieu.
Ses mérites
Allah dit: « ... Les anges dirent: « 0 Mariam, Dieu t’a élue et t’a purifiée. Il t’a élue au-dessus des femmes des humains.” (Sourate 3 verset 42)
« 0 Mariam, sois dévouée à ton Seigneur, et prosterne-toi et incline-toi avec ceux qui s’inclinent.” (Sourate 3 verset 43)
D’après Anas (Allah soit satisfait de lui), le Prophète (P.S soient sur lui) a dit: « Parmi toutes les femmes du monde, tu peux te contenter de Mariam fille de Joachim, Khadija fille de Khowaylid, de Fatima fille de Muhammad et d’Assya femme de Pharaon. » (Rapporté par At-Tirmidi).
D’après Abou Moussa al Ash’ari, (Allah soit satisfait de lui), 1’Envoyé de Dieu (P.S soient sur lui) a dit: « Beaucoup d’hommes sont parfaits, mais ne sont parfaites parmi les femmes que Mariam, fille de Imrane et Assya la femme de Pharaon. Le privilège d‘Aisha équivaut au privilège qu’a le pain mitonné (Tharid) sur l’ensemble des repas. » (Rapporté par al-Boukhari)
L’Envoyé de Dieu (PSL) a dit: « Tout fils d’Adam sera touché par Satan le jour sa naissance sauf Mariam et son fils. » (Rapporté par Mouslim)
Sources :
http://annissa.edaama.org
http://www.fbs.free.fr/index.php?page=acceuil.php
Posté le 19.11.2007 par oummi
Question
Quels sont les critères qu’un musulman doit suivre pour choisir un nom ?
Réponse de Sheikh Yûsuf Al-Qaradâwî
L’Islam n’impose pas aux musulmans de donner à leurs enfants, filles ou garçons, des noms particuliers, que ces noms soient arabes ou non arabes. Il appartient aux gens de décider quel nom ils aimeraient choisir pour leurs enfants.
Cependant, le choix des noms doit se faire conformément à certaines règles islamiques :
Cela doit être un beau nom qui ne soit ni détestable pour les gens, ni rejeté par l’enfant lui-même lorsqu’il grandira. Les noms détestables sont par exemple ceux qui portent des significations de mauvaise augure, ayant une mauvaise connotation, des noms de gens connus pour leur oppression et leurs excès, et ainsi de suite. À cet égard, nous constatons que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — avait l’habitude de changer les mauvais noms en beaux noms. Par exemple, il changea le nom d’une femme de Qalîlah (infime) en Kathîrah (abondante), et le nom d’une autre de `Âsiyah (pécheresse) en Jamîlah (Belle) et ainsi de suite.
Un musulman ne doit pas appeler son fils `Abd Al-Ka`bah, `Abd An-Nabî, ou `Abd Al-Husayn, c’est-à-dire des noms qui impliquent une servitude vis-à-vis d’autres qu’à Dieu. Ibn Hazm dit que donner de tels noms est, selon le consensus des savants, interdit, exception faite pour `Abd Al-Muttalib.
Le musulman ne doit pas choisir des noms pompeux et empreints de vanité, en vertu du hadith suivant : « Le plus détestable des noms pour Allâh dans l’au-delà est celui d’un homme qui s’appelle lui-même "Le Roi des Rois" car Allâh est le Seigneur des Rois. » [1] Il est également interdit aux musulmans de donner à leurs enfants l’un des Noms Sublimes d’Allâh, tels que Ar-Rahmân (le Miséricordieux), Al-Khâliq (le Créateur), etc. Il est également interdit d’utiliser les Attributs de Dieu accompagné d’un article défini, tels que Al-`Azîz (Le Tout Puissant) and Al-Hakîm (Le Très Sage)
Il est louable de donner à ses enfants des noms de Prophètes ou de gens intègres, pour entretenir leur mémoire, et ainsi les prendre comme modèle et suivre leur pas. Les meilleurs de ces noms sont ceux qui montrent l’humilité de l’homme devant Son Seigneur comme cela est indiqué dans le hadith qui stipule : « Les meilleurs des noms au regard d’Allâh sont `Abd Allâh et `Abd Ar-Rahmân. » [2] La même chose s’applique aux noms composés de deux parties, dont la première est `Abd et la seconde est un des Noms Sublimes d’Allâh tels que `Abd Al-`Alîm.
En ce qui concerne les noms non-arabes, il n’y a rien de mal à les donner tant qu’ils sont porteurs d’une belle signification dans leur langue. Alors que les premiers musulmans étaient tous Arabes et vivaient dans une atmosphère purement arabe, ils ne trouvèrent aucun mal à l’usage des noms non-arabes, aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Par exemple, Mâriyyah (La Mère des Croyants) qui donna naissance à Ibrahim, le fils du Prophète Mohammad — paix et bénédictions sur lui — était connue par son nom copte.
Enfin, la plupart des noms des premiers croyants étaient d’un point de vue linguistique des noms de plantes, comme Talhah, Salamah, Handhalah, des noms d’animaux et d’oiseaux, comme Asad, Saqr, des noms d’objets ou d’endroits dans la nature comme Bahr, Jabal, des adjectifs utilisés en guise de noms, tels que `Âmir, Sâlim, des noms de Prophètes passés et de gens intègres comme Ibrâhîm et Yûsuf
Par conséquent, un musulman doit tenir compte de ces restrictions lorsqu’il choisit un nom pour ses enfants.
P.-S.
Traduit de l’anglais du site islamonline.net.
Notes
[1] Rapporté par Al-Bukhârî, Muslim, Abû Dâwûd et At-Tirmidhî.
[2] Rapporté par Muslim, Abû Dâwûd, At-Tirmidhî and Ibn Mâjah
Posté le 19.11.2007 par oummi
Question
Que la paix soit sur vous.
Est-il permis aux personnes âgées de ne pas jeûner ? Qu’en est-il de la femme enceinte ou de celle qui allaite ?
Réponse de Sheikh Yûsuf Al-Qaradâwî
Il est permis aux personnes âgées de ne pas jeûner, si cela constitue pour elles une lutte ardue ou une difficulté insoutenable. Dans cette situation, les personnes âgées doivent racheter leur jeûne en nourrissant une personne nécessiteuse pour chaque jour manqué. Ceci constitue une dérogation et une facilité accordées par Dieu. Allâh dit : « Allâh veut pour vous la facilité. Il ne veut point vous imposer de difficulté » [1].
Ibn `Abbâs - qu’Allâh l’agrée - dit : « Il est permis aux personnes âgées de ne pas jeûner. Pour chaque jour manqué, elles doivent nourrir un pauvre et ne sont point tenues de rattraper les jours qu’elles n’ont pas jeûnés. » D’après Al-Bukhârî, Allâh dit à propos des vieillards et des personnes assimilées : « Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter qu’avec grande difficulté, il y a une compensation : nourrir un pauvre. Et si quelqu’un fait davantage de son propre gré, il le fait pour lui-même ; mais il est mieux pour vous de jeûner, si vous saviez ! » [2]
Ainsi, les personnes âgées et les malades atteints d’une maladie incurable ne sont pas tenus de jeûner mais doivent nourrir un démuni pour chaque jour manqué, en guise de charité.
En ce qui concerne la femme enceinte ou qui allaite son enfant, si elle craint que le jeûne lui nuise, la majorité des savants sont d’avis qu’elle peut ne pas jeûner, à condition qu’elle rattrape les jours de jeûne manqués. Elle se trouve alors dans une situation similaire à celle d’une personne malade.
Même si les savants sont unanimes sur le fait qu’une femme enceinte ou allaitant son enfant et qui appréhende que le jeûne ne nuise à son embryon ou au nouveau-né soit autorisée à ne pas jeûner, ils ont divergé concernant le fait qu’elle doive rattraper plus tard les jours manqués, ou bien nourrir un pauvre pour chaque jour manqué, ou encore faire les deux en même temps. Ibn `Umar et Ibn `Abbâs affirment qu’elle doit nourrir un pauvre pour chaque jour manqué. La majorité des savants avancent qu’elle doit rattraper les jours manqués et d’autres maintiennent qu’elle doit faire les deux. Il me semble que le fait de nourrir un pauvre soit suffisant pour une femme qui est enceinte ou qui allaite constamment de sorte qu’elle n’a pas eu l’opportunité de rattraper ses jours. Ceci peut concerner une femme qui est enceinte une année, puis allaite son enfant l’année suivante, puis est de nouveau enceinte l’année d’après etc. Elle est donc dans l’incapacité de rattraper les jours où elle s’est abstenue de jeûner. S’il lui est demandé de rattraper tous ces jours, il lui faudra jeûner sans cesse durant plusieurs années, chose qui est difficile et Allah ne demande pas à Ses Serviteurs de souffrir de la privation.
P.-S.
Traduit de l’anglais du site Islamonline.net.
On pourra également consulter l’article suivant : "Le jeûne et la maladie".
Notes
[1] Sourate 2, Al-Baqarah, La Génisse, verset 185.
[2] Sourate 2, Al-Baqarah, la Génisse, verset 184.
Posté le 19.11.2007 par oummi
Question : La fécondation in vitro est-elle permise en Islam ?
Réponse : Avec les progrès réalisés par la science, il est devenu possible, depuis maintenant plus d'une vingtaine d'années, de réaliser en laboratoire une fécondation entre un ovule et une suspension de spermatozoïdes et de réimplanter ensuite dans l'utérus l'œuf fécondé afin que se poursuit le développement de l'embryon. Cette méthode de fécondation a ainsi redonné de l'espoir à de nombreux couples qui ne pouvaient avoir d'enfants. La question qui se pose maintenant est de savoir la position de l'Islam par rapport à ce genre de manipulations médicales. Sur ce point, les avis divergent entre les savants (il est à noter que ces divergences concernent également la fécondation "in vivo", c'est à dire l'insémination artificielle) :
Pour certains, parmi lesquels Moufti Nîzâm oud Dîn de l'Inde, ce procédé n'est pas permis, car allant à l'encontre du processus naturel de fécondation. De même, son application nécessite l'exposition des parties privées de la femme en présence du médecin qui pratiquera l'insémination ; ce qui est totalement prohibé.
Pour un second groupe de savants, ce genre de question relevant du cadre de la nécessité, et celle-ci pouvant varier suivant les cas, il ne peut être question de donner à ce sujet une "Fatwa" de portée générale. Ceux qui sont confrontés à ce besoin se doivent d'exposer leur situation à un savant compétent, qui se pourra alors les conseiller par rapport à leur cas précis.
Certains autres savants autorisent l'insémination artificielle, mais interdisent la fécondation in vitro.
Pour d'autres savants enfin, le caractère licite ou illicite de la fécondation artificielle dépend de l'origine des éléments qui sont fécondés. Si l'ovule et les spermatozoïdes proviennent d'une femme et d'un homme étrangers l'un par rapport l'autre, c'est à dire qu'ils ne sont pas unis par les liens du mariage, la fécondation artificielle est strictement interdite. Dans ce cas, celle-ci est comparé à un acte "Zinâ" (fornication), car le résultat produit est le même : en effet, dans les deux situations, il y a atteinte à la filiation ("nasab"), dont le respect et la protection est un des principes fondamentaux qui orientent la réglementation religieuse en Islam. Par contre si l'ovule et les spermatozoïdes proviennent de l'épouse et de l'époux, dans ce cas la fécondation in vitro est considérée comme étant licite sous certaines conditions, qui vont être évoquées par la suite. Cette permission repose essentiellement sur l'argument suivant : La fécondation artificielle n'est rien d'autre qu'une forme de "traitement" ('tadâwy) motivé par le besoin ("hâdjah") de procréer, et ce, afin de palier aux problèmes d'ascension du spermatozoïde dans l'utérus ou encore, afin de résoudre un éventuel problème de migration de l'ovule, qui fait que la fécondation naturelle n'est pas possible.
Néanmoins, comme évoqué plus haut, cette permission est conditionné par un certain nombre d'éléments :
1- Etant donné que, durant ce processus, la femme va être amenée à dénuder devant le médecin certaines parties de son corps qu'il est obligatoire de dissimuler (faisant partie de la "awrah") , il est indispensable qu'elle veille à ne découvrir que le minimum nécessaire.1
2- Le transfert de l'embryon dans l'utérus de la femme devra être réalisé par une femme médecin. C'est uniquement dans le cas où cela n'est vraiment pas possible que le recours à un homme médecin sera envisagé.
3- Le surplus de liquide séminal récolté devra être éliminé.
4- La fécondation artificielle doit se faire avec l'accord de l'époux.
5- Toutes les précautions possibles doivent être prises afin éliminer le risque d'atteinte à la filiation, pouvant résulter d'une erreur de manipulation en laboratoire.
A ces cinq condition, de nombreux oulémas en ont rajouté une sixième : Il est nécessaire que le sperme de l'époux soit recueilli par un processus licite (coït interrompu, masturbation par l'épouse ou prélèvement direct des testicules).
Je rappelle que la position de ce groupe de savants est exactement la même en ce qui concerne l'insémination artificielle, qui consiste à placer par un moyen artificiel le sperme dans le col d'utérus de la femme : si le sperme provient du mari - on parle alors d'IAC - , cela sera permis (dans mêmes conditions que citées ci-dessus), tandis que si le sperme vient d'un donneur -IAD- cela sera strictement interdit.
En guise de conclusion, il convient de souligner qu'une résolution qui va dans le sens de l'avis adopté par ce dernier groupe de savants a été émise par l'Académie Islamique du Fiqh lors de la session qui s'est déroulée à Amman en 1986. Néanmoins, les trois directives supplémentaires suivantes ont été énoncées lors de la sixième session de cette même Académie, qui s'est déroulée à Djedda en 1990 :
1- Lors de la fécondation artificielle, seuls le nombre nécessaire d'embryons devant être implantés seront formés, et ce, afin d'éviter de se retrouver avec des embryons supplémentaires risquant d'être conservés dans des banques pour servir à d'autres personnes.
2- Si jamais il arrive qu'il y ait quand même des embryons en surnombre, ils ne devront pas être conservés ; ils seront laissés tels quels, jusqu'à ce qu'ils périssent naturellement.
3- Il est interdit d'implanter ces embryons en surnombre chez une autre femme. Toutes les précautions possibles doivent être prises pour éviter cela.
(Réf : "Bouhoûth li ba'dhin nawâzil al fiqhiya al mou'âsirah", "Islâm awr djadîd medical masâïl", "Al fiqh oul islâmiy wa adillatouh", "Mounthakhab Nidhâm oul Fatâwa")
Wa Allâhou A'lam !
Et Dieu est Plus Savant !
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1- Il est à noter que dans le cadre du traitement médical motivé par la nécessité, le fait de dénuder certaines parties du corps est unanimement autorisé en Islam, suivant le principe bien connu de "adh dharoûratou toubîhoul mahdhourât" ("la nécessité lève les interdits", ou "la nécessité fait loi"). On pourrait néanmoins se poser la question de savoir si cette règle pourrait être appliquée dans le cas de la fécondation artificielle, étant donné qu'on ne peut aisément parler ici de "situation de nécessité" (dharoûrah). A cette question, Cheikh Khâlid Sayfoullâh de l'Inde répond en substance que, s'il est exact que le recours à des méthodes de fécondations artificielles ne relève pas forcément de la nécessité, il n'en reste pas moins cependant que celui-ci est motivé par un besoin très fort, en l'occurrence le désir irrésistible d'avoir des enfants. Par ailleurs, le fait de ne pas avoir d'enfants peut entraîner des conséquences plus ou moins graves sur la condition physique et psychologique de la femme, et sur la nature même des relations entre les époux. Ce besoin de procréer atteint ainsi, chez certains, le degré de "hâdjah". Et on trouve dans les écrits de certains juristes anciens des permissions concernant le fait de découvrir une partie de sa "awrah" dans des cas qui relèvent du "hâdjah", et pas nécessairement de la nécessité absolue ("dharoûrah")...
Posté le 19.11.2007 par oummi
Question : Quelles sont les pratiques enseignées en Islam lors de la naissance d'un enfant ?...
Réponse :
Après la naissance, la première chose qu'il est sounnah de faire est de prononcer les paroles de l'adhân (appel à la prière) dans l'oreille droite de l'enfant. Abou Râfi' (radhia Allâhou anhou) raconte en ce sens qu'il a vu le Prophète Mouhammad (sallâllâhou alayhi wa sallam) dire l'adhân dans l'oreille de Hassan (radhia Allâhou anhou), fils de Ali (radhia Allâhou anhou), lorsqu'il vint au monde. (Ahmad, Abou Dâoûd et Tirmidhi 1). Certains Hadiths (non authentiques cependant) font également allusion au fait de prononcer les paroles de l'iqâmah (second appel prononcé juste avant la prière) dans l'oreille gauche de l'enfant. (Deux traditions sont rapportées à ce sujet par Ibnous Sinniy et Bayhaqui.) La raison avancée pour expliquer cette pratique est que celle-ci a pour but de faire en sorte que le nom d'Allah (azza wa djalla) soit la première chose qui imprègne le subconscient de l'enfant.
Ensuite, il est recommandé de procéder au tahnîk, qui consiste à faire mâcher un minuscule morceau de datte (ou autre chose sucrée) par une pieuse personne musulmane, et ensuite à mettre ce minuscule morceau de datte en contact avec le palais ou la langue du nouveau-né. (Sahîh Boukhâri.)
Il est recommandé de raser la tête de l'enfant au septième jour de la naissance, de peser les cheveux qui ont été retirés et de donner en aumône aux pauvres une quantité d'argent équivalente au poids des cheveux. (Mousnad Ahmad, Mouwwatta de l'Imâm Mâlik.)
On se doit aussi de choisir un beau prénom pour l'enfant, comme le faisait et l'encourageait le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) (Sahîh Mouslim, entre autres...). Il (sallallâhou alayhi wa sallam) avait également conseillé certains prénoms (comme Abdoullah, Abd oul Rahmân...) et déconseillé d'autres.
Après la naissance d'un enfant, il est également sounnah de faire le aqiqah, qui consiste à égorger un animal (mouton, chèvre ...) et de distribuer une partie de sa viande aux pauvres et aux nécessiteux. Il est mieux de faire le aqiqah avant de raser la tête de l'enfant, le septième jour. Maintenant, si on ne peut le faire le septième jour, on peut le reporter pour le 14ème, ou 21ème jour, comme cela est évoqué dans une Tradition de Bayhaqi (dont l'authenticité est cependant considérée comme étant douteuse); mais si on le désire, on peut le faire n'importe quel autre jour.
En ce qui concerne le nombre d'animaux à égorger, d'après un Hadith de Abou Dâoûd rapporté par Oummou Kourz (radhia Allâhou anha), il est recommandé de sacrifier deux moutons s'il s'agit d'un fils et un seul s'il s'agit d'une fille. C'est la position qu'ont adopté les savants de l'école hambalite et de l'école châféite. Mais il est aussi rapporté du Prophète Mouhammad (sallâllâhou alayhi wa sallam) qu'il n'a égorgé qu'un animal pour le aqiqah de ses deux petits-fils bénis, Hassan (radhia Allâhou anhou) et Housseïn (radhia Allâhou anhou). C'est la raison pour laquelle, en général, les savants de l'école hanafite et ceux de l'école mâlékite considère que le nombre d'animal à sacrifier en aqiqah est le même, que le nouveau-né soit un garçon ou une fille.
Le nouveau-né doit être circoncis s'il s'agit d'un garçon. La circoncision est une pratique très importante en Islam (beaucoup de savants la considèrent comme nécessaire, "wâdjib"...) et relevant de la nature primordiale humaine ("fitrah") (Sahîh Boukhâri).
Voici donc, en résumé, les pratiques enseignées après la naissance d'un enfant musulman.
Wa Allâhou A'lam !
Et Dieu est Plus Savant !
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1- La chaîne de transmission de ce Hadith contient un narrateur ('âsim ibn oubeïdoullah ibn 'âsim) qui a fait l'objet de critiques de la part de certains spécialistes. Néanmoins, étant donné que le sens du Hadith est confirmé par un ou deux autres rapports (voir "Touhfat oul Ahwadhi" – Volume 5 / Page 90), celui-ci peut servir d'argument d'après certains oulémas. Il est à noter que At Tirmidhi (rahimahoullâh) authentifie ce Hadith dans ses "Sounan" et An Nawawi (rahimahoullâh) en fait de même dans "Al Madjmoû'" – Volume 8 / Page 434.
Il est à noter que Cheikh Albâni avait qualifié ce Hadith de "hassan" (fiable) dans un premier temps. (Voir par exemple son analyse des Ahâdith rapportés par At Tirmidhi – Volume 4 / Page 97 et Abou Dâoûd – Volume 4 / Page 328, ainsi que "Irwâ oul Ghalîl" – Volume 4 / Page 400) Il semble cependant être revenu par la suite sur son appréciation, étant donné qu'il a qualifié ce Hadith de "dhaïf" (faible) dans "al kalimout tayyib" (page 162).
Posté le 19.11.2007 par oummi
Dans l'éducation de nos enfants, que ce soit en Occident ou n'importe où ailleurs, notre objectif devrait évidemment être de les aider à obtenir le meilleur dans ce monde et le meilleur dans l'autre monde - le succès et le bonheur dans cette vie et le salut et le paradis dans l'au-delà. Cela signifie que nous devrions aider nos enfants à poursuivre avec succès les études ou formations nécessaires menant à une profession et aussi leur fournir tout ce dont ils ont besoin pour devenir de bons musulmans.
Etre un bon musulman est non seulement nécessaire pour le salut et le paradis mais c'est aussi utile dans ce monde. Le Bien, les habitudes, la discipline et le sens de la responsabilité que l'Islam inculque peuvent énormément aider les enfants dans leurs études et plus tard, dans la pratique couronnée de succès de leur profession, tandis que la foi et la croyance en Dieu que l'Islam enseigne peut ajouter le bonheur et la paix à leur succès dans la vie.
Pour aider les enfants à devenir de bons musulmans, deux choses sont essentielles :
1) un bon rapport parents-enfant
2) une forte identité musulmane des parents
Dans une société musulmane ces deux choses sont généralement suffisantes; si un bon rapport parents-enfant existe -de sorte que les enfants ne développent pas de sentiment de rejet par rapport à ce que leurs parents représentent-, alors l'identité musulmane des parents, si elle est suffisamment forte, se transmet naturellement aux enfants. Cependant, dans le monde occidental, les choses mentionnées ci-dessus ne suffisent pas d'habitude, puisque l'identité musulmane des parents aussi bien que des enfants subit de nombreuses et puissantes pressions auxquelles une famille moyenne ne peut pas résister seule. Donc en Occident, un troisième facteur est nécessaire:
3) la coopération d'une communauté musulmane organisée, unie et dynamique.
Regardons ces trois facteurs un peu plus en détail.
RAPPORTS PARENTS-ENFANT
Un bon rapport parents-enfant repose sur l'amour et le respect entre les parents et l'enfant. Etablir ce rapport relève de la seule responsabilité des parents et ils peuvent le faire en donnant à leurs enfants un amour sans réserve, qui génère alors en retour l'amour des enfants, le respect et l'obéissance pour les parents. Ce processus naturel est cependant perturbé et le rapport parents-enfant commence à se heurter à des problèmes si les parents ne peuvent pas ou ne donnent pas l'amour suffisant aux enfants. On croit souvent que les parents aiment toujours leurs enfants. Mais cette idée, quoiqu'elle ait l'appui d'un hadith 1 est en conflit avec le saint Qu'ran et les faits observés. Le saint Qu'ran mentionne ces arabes païens qui enterraient leurs petites filles vivantes :
"Lorsque la fille enterrée vivante à la naissance sera interrogée sur le pêché qu'elle a pu commettre pour être tuée"(81 :8-9)
C'est là une reconnaissance que les parents peuvent commettre le "zulm" (l'injustice, la cruauté) envers leurs enfants et qu'ils devront répondre de cela au jour du Jugement dernier.
La cruauté envers les enfants n'est pas quelque chose qui a existé uniquement à un moment donné de l'histoire, chez les Arabes de la "Jâhiliya" (période de l'ignorance et des pratiques païennes précédant la venue de l'Islam). À une échelle plus ou moins grande, c'est une pratique présente dans toutes les cultures. Même dans la moderne Amérique du Nord, "civilisée" et prospère, des centaines de milliers d'enfants sont soumis chaque année à la torture impitoyable de leurs parents, dont beaucoup, à la différence des Arabes de la "Jâhiliya", ne connaissent de difficulté économique d'aucune sorte. Ceux-ci sont sans aucun doute des exemples extrêmes mais ils devraient détruire le mythe que tous les parents n'ont que de l'amour pour leurs enfants.
En sortant de ces cas extrêmes pour revenir à la normalité, on peut cependant dire qu'une énorme majorité de parents, particulièrement les parents musulmans, aiment vraiment leurs enfants. Néanmoins, il n'est pas certain que les parents "normaux" donnent l'amour suffisant à leurs enfants. Je serais enclin à penser que la plupart d'entre eux ne le font pas. En tout cas, on peut toujours bien faire en admettant la possibilité que, de temps à autre, en tant que parents, nous pouvons ne pas donner assez d'amour à nos enfants. Admettre cela au lieu de l'ignorer mettrait les parents dans une bien meilleure position pour établir un bon rapport avec leurs enfants...
À ce point, un mot devrait être ajouté sur la nature de l'amour. Aimer ne signifie pas choyer continuellement les enfants et céder à tous leurs désirs. L'amour est plutôt un souci pour le bien-être et le bonheur des enfants, qui se manifeste dans la douceur quand la douceur est nécessaire... et dans la fermeté quand la fermeté est nécessaire. Etre ferme nécessite beaucoup d'effort. Les parents peuvent faire cet effort seulement s'ils se soucient assez de leurs enfants.
En s'occupant des enfants, essayez d'éviter les sentiments négatifs. Par exemple, si les enfants sont grossiers avec vous - et en Occident les enfants peuvent être assez grossiers avec leurs parents - ne leur demandez pas de nettoyer leurs chambres, etc..., par vengeance. Les enfants sont beaucoup plus conscients des sentiments réels de leurs parents que nous pouvons le penser. Si les parents ont des sentiments négatifs ou de vengeance envers eux, ils vont probablement réagir négativement à ce que les parents leur disent.
Nous devrions essayer d'être cohérents avec nos enfants. Nous ne devrions pas, par exemple, les empêcher de faire quelque chose de mal quand nous sommes fâchés et le tolérer quand nous sommes de bonne humeur.
Une bonne communication est aussi nécessaire pour établir un bon rapport parents-enfant. Si un enfant ne répond pas positivement à ce que vous dites et cela arrive à maintes reprises, alors il est temps, non pas de devenir de plus en plus furieux et frustré, mais de penser et de parler à l'enfant ou de découvrir autrement ce qui se passe dans son esprit.
TRANSMETTRE L'IDENTITE MUSULMANE
Venons-en maintenant au sujet de la plus haute importance, celui de communiquer l'identité Islamique à nos enfants en Occident. A ce propos l'exigence principale est évidemment que les parents eux-mêmes aient une forte identité musulmane. Mais il y a des points complémentaires importants qui doivent être gardés à l'esprit.
Dans le développement de leur identité musulmane, nous devons naturellement bien faire comprendre à nos enfants que nos voies diffèrent tout à fait de celles du reste de la société occidentale. Mais cela ne devrait pas être fait de façon à créer l'hostilité envers la société occidentale dans son ensemble. Cela peut créer un conflit émotionnel chez un enfant et c'est aussi contraire à l'Islam. Le saint Qur'an dit des gens du livre qu' "ils ne sont pas tous semblables" (3:113) et il loue certaines de leurs bonnes qualités en condamnant ce qui est mauvais chez eux (5:85-87, 57:27, etc). Nous ne devons donc pas faire une condamnation générale de la société occidentale dans son ensemble, mais leur désigner plutôt ce qui est bon dans cette société et ce qui est mauvais. Nous devrions les aider à s'identifier avec ce qui est bon ici et à rejeter ce qui est mauvais.
Par exemple, nous devrions leur dire : "la plupart des occidentaux croient en la Trinité et en la divinité de Jésus (saws), que nous rejetons totalement. Mais il y a beaucoup d'occidentaux qui croient à un Dieu et à la prophétie de Jésus (saws) presque de la même façon que nous." "La plupart des occidentaux boivent de l'alcool et/ou prennent des drogues, mais beaucoup rejettent cette pratique, comme nous les Musulmans." "Beaucoup d'occidentaux sont homosexuels ou sont moralement disposés à accepter cette déviation. Mais beaucoup d'autres considèrent ça comme immoral, de même que nous le faisons." "Beaucoup d'occidentaux sont pour l'avortement mais presque autant sont contre cela." Nous devrions ensuite mettre l'emphase sur le mal provoqué par les choses interdites par l'Islam, par exemple la mort par accident, les vies ruinées, les foyers brisés à cause de l'alcool et des drogues etc... et le SIDA à cause de l'homosexualité.
On devrait aussi attirer l'attention de notre jeunesse sur le fait que, sur certains aspects, la société Occidentale est plus Islamique que la plupart des sociétés Musulmanes. Par exemple, il y a la pluralité d'expression politique, ainsi que le respect du droit constitutionel, qui sont plus Islamiques que l'autorité arbitraire des dictateurs et des rois qu'on trouve dans la plupart des pays Musulmans. Il y a aussi généralement moins de corruption ici que dans certains pays Musulmans. Beaucoup d'autocritique n'affaiblira pas, à la longue, l'identité Musulmane des enfants, mais la renforcera plutôt. De plus, il aidera certains d'entre eux en grandissant à être des réformateurs, ce dont nous avons tant besoin...
Dans les questions d'ordre secondaire au sujet desquelles il y a des divergences parmi les musulmans (par exemple concernant la façon exacte de prier, qui aurait du être le chef des musulmans après la mort du Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam)) nous pouvons dire à nos enfants ce que nous pensons, mais sans être trop dogmatiques. Nous devrions nous concentrer à inculquer de l'amour pour Dieu, le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam), l'Islam et les musulmans et à enseigner les croyances de base convenues et les pratiques de l'Islam. Pour le reste nous devrions prendre une attitude plus détendue. Cela aiderait non seulement l'unité musulmane, mais augmenterait aussi nos chances de succès dans l'éducation de nos enfants en tant que musulmans, puisque le dogmatisme dans chaque question peut, en définitive, éloigner notre jeunesse de l'Islam.
LE RÔLE DE LA COMMUNAUTÉ
Comme nous l'avons relevé plus tôt, le travail d'éducation des enfants en tant que musulmans dans le monde occidental n'est pas facile. La plupart des parents ne peuvent pas le gérer tout seuls. Donc, une coopération rapprochée est nécessaire entre les parents et la communauté. Les parents, en tant que membre et partie de cette coopération, devraient porter intérêt au travail de la communauté et y contribuer comme ils peuvent, tandis que la communauté, par ses représentants élus, devrait fournir aux parents tous les équipements dont ils ont besoin pour instruire leurs enfants dans l'Islam, les rendre fiers et les mettre à l'aise avec les valeurs et les traditions Islamiques.
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1 - Il est rapporté qu'on a demandé au Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) s'il faut obéir et honorer ses parents même s'ils font du "zulm" (de l'injustice) envers leurs enfants. On rapporte que le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) a répondu que les parents ne peuvent pas faire du "zulm" envers leurs enfants. Ce hadith doit être considéré comme non authentique, puisque, comme nous l'avons déjà dit, il est en conflit avec le livre de Dieu et les faits observés. De plus, ce hadith semble incompatible avec quelques autres hadith où le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) exhorte des parents à bien traiter leurs enfants et à dépenser pour eux, par exemple les deux hadiths suivants :
Joignant deux de ses doigts, le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit: " Celui qui exécute ses prières correctement, qui dépense pour ses enfants malgré ses modestes moyens et ne dit pas du mal des autres sera au Paradis près de moi comme ces deux doigts."
Et:
" Celui qui donne aux filles, dépense pour elles et les traite bien - Dieu le récompensera sûrement par le paradis."
Le fait même qu'un tel hadith encourage les parents à bien traiter leurs enfants signifie bien que les parents peuvent ne pas toujours aimer assez leurs enfants, sinon un tel encouragement ne serait pas nécessaire. Les filles sont particulièrement les victimes de l'égoïsme des parents dans beaucoup de cultures, où pour des raisons économiques et sociales beaucoup de parents ne sont pas très heureux d'avoir des filles.
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Article du Dr. Ahmad Shafaat (1986), publié pour la première fois dans le magazine "Al-Ummah", à Montreal au Canada, en 1986. Le texte original en anglais est présent à cette adresse: http://www.themodernreligion.com/family/family_mistakes.html
Traduction en français réalisée par la soeur Louisa.